Il est de coutume de souligner les bons et les mauvais coups d'un gouvernement après les cents premiers jours d'une nouvelle administration.
La victoire écrasante du maire Régis Labeaume et de sa nouvelle équipe aux dernières élections municipales lui donne une opportunité de réaliser de grandes choses; mais les risques de dérapage sont également présents étant donné l'absence d'opposition officielle au conseil municipal. Les deux conseillers indépendants n'ont pas les budgets de recherche suffisants pour analyser à fond les dossiers concernant tout le territoire de la Ville de Québec. Cela fait en sorte que le maire Labeaume se retrouve dans la situation qu'il avait prophétisé, à savoir qu'il doit écouter ses propres conseillers et conseillères qui auront la tâche de lui faire opposition.
Malheureusement, le Défi vert de Québec constate que le maire Labeaume profite de sa majorité nouvellement acquise pour faire passer ses idées préconçues et continuer à improviser. En plus, le maire Labeaume endosse un double discours sur des dossiers importants sans prendre en compte les intérêts communs de ses citoyens :
Hôtel Jaro, site de l'ancien Patro St-Vincent de Paul
Quel gâchis! Malgré les actes illégaux du promoteur, malgré l'opinion du conseil de quartier et les avis de ses propres conseillers qui se sont fait élire en laissant entendre que ce site devrait être utilisé avec une mixité de vocations (logements sociaux, petits commerces... ), le maire Labeaume a décidé que le promoteur mérite de continuer son projet d'hôtel au détriment des besoins des résidents du quartier et des besoins globaux de la Ville.
La façade que la Ville voulait préserver pour ses qualités architecturales et patrimoniales sera démolie si ce n'est déjà fait.
- A-t-on besoin d'un nouvel hôtel dans ce quartier alors qu'il y a pénurie de logements sociaux ?
- A-t-on besoin d'un projet dont personne ne veut mis à part le maire, quelques fonctionnaires et le promoteur?
- A-t-on besoin d'un maire qui se sent obligé de récompenser les promoteurs qui se moquent des volontés de la Ville?
Règlement R.A.V.Q. 492 : Dézonage des boisés urbains pour le développement résidentiel dans la couronne verte.
Pratiquement en catimini, le maire Labeaume a fait passer un règlement à la veille du congé des Fêtes (22 décembre 2009) qui fera en sorte de déboiser l'équivalent de 400 terrains de football (200 hectares) pour en faire essentiellement de l'étalement urbain vers la banlieue alors qu'il prononce en parallèle un discours vert de densification des quartiers centraux. Le maire sait bien prononcer le mot "densification" dans les médias mais il est évident qu'il est totalement ignorant de l'application de ce concept puisqu'il agit dans le sens inverse d'une densification intelligente et réfléchie.
Le 26 décembre, de manière presqu'inaperçue durant le temps des Fêtes, la Ville de Québec publie un avis de consultation publique concernant ce règlement pour le 19 janvier. Consultation qui a été reportée à une date non déterminée lorsque la Ville s'est rendu compte qu'elle faisait erreur en essayant de faire passer trop vite ce dézonage qui affectera entre autres le bassin versant de la principale prise d'eau de Québec.
Tout comme pour deux des conseillers de l'Équipe Labeaume qui ont voté contre ce règlement, le DVQ s'inquiète de la situation. Le Défi vert de Québec collabore avec divers organismes pour éveiller l'opinion publique face à cette improvisation éhontée et au gaspillage de ressources qu'entraîne cette décision. C'est comme si le maire décidait de gruger notre capital d'espaces verts au lieu d'utiliser les intérêts du capital avec des espaces vacants disponibles et des changements mineurs au zonage dans les quartiers centres déjà équipés d'infrastructures.
En agissant ainsi, sans même avoir des nouvelles normes de construction écologiques en place, il va complètement à l'encontre du bon sens; en plus d'ajouter des milliers de tonnes de gaz à effet de serre à notre bilan.
Qui plus est, le maire justifie cette démarche selon une étude déficiente qui ne tient pas compte des changements démographiques à venir. Le vieillissement de la population fera en sorte de libérer beaucoup de résidences unifamiliales partout sur le territoire de la Ville. Ce ne sont pas des projets de résidences unifamiliales en banlieue dont la Ville aura besoin à moyen terme, mais des résidences pour personnes âgées dans des quartiers offrant plusieurs services de proximité.
Le DVQ appuie la démarche de l'organisme La Ville que nous voulons qui dénonce cette façon de faire.
Le maire Labeaume entend dézoner ces secteurs forestiers et permettre aux promoteurs de faire d'énormes profits spéculatifs sans rien exiger en retour. À la rigueur, s'il faut un jour en arriver à développer ces secteurs, le DVQ demanderait que, au minimum, les constructions respectent des normes plus écologiques (LEED) et par ailleurs, qu'on commence par densifier les quartiers centraux de la Ville. Il faudrait aussi que les urbanistes de la Ville prennent exemple sur les meilleures réalisations ailleurs dans le monde tel le quartier à zéro émission BedZED à Londres.
Le DVQ prône des consultations auprès des citoyens et des négociations avec les promoteurs pour qu'en échange d'un dézonage, ceux-ci s'engagent à inclure dans les projets de développement des équipements ou services qui serviraient à la communauté toute entière (par exemple, parcs et espaces verts, équipements sportifs, services communautaires ...)
Dans son empressement, le maire Labeaume donne un cadeau à des promoteurs sans rien exiger en échange pour la communauté et, qui plus est, il met en péril la principale prise d'eau potable de la Ville. L'agglomération urbaine de Québec espère que sa voisine la MRC de la Jacques-Cartier va freiner son développement dans le bassin versant du Lac Saint-Charles justement pour préserver la qualité de l'eau potable. Le maire Labeaume tant qu'à lui décide d'intensifier unilatéralement le développement. Comment vont réagir nos voisins devant cette décision?
- A-t-on besoin de maisons unifamiliales en banlieue alors que tout le monde est conscient de l'importance de densifier pour combattre les effets négatifs de l'étalement urbain?
- A-t-on besoin de faire des chèques en blanc à des spéculateurs et dézoner des boisés urbains et un secteur zoné espace vert sans tenir compte des effets négatifs qui en résulteraient sur la santé, les GES, le transport etc.?
- Le maire ne sait-il pas qu'on pourrait avoir le même impact sur l'emploi et sur l'offre de nouvelles résidences en faisant en sorte de développer des secteurs beaucoup plus rentables (infrastructures déjà en place) autant d'un point de vue économique qu'écologique ?
- A-t-on besoin de mettre plus de pression sur la qualité déjà précaire de l'eau?
Marché du Vieux-Port
Plutôt que d'envisager la solution écologique de décontaminer le site, le maire Labeaume reporte à plus tard l'échéance en enterrant le problème sous une dalle de béton. Ce sera l'héritage que le maire léguera aux autres générations. Où est son courage d'agir avec une vision à long terme? Disparu dans la brume comme plusieurs de ses belles déclarations?
Après avoir jonglé avec l'idée de déménager le Marché du Vieux-Port, le maire improvise encore une fois en promettant de surcroît de dézoner encore un autre secteur espace vert à la tête du Bassin Louise pour en faire un autre hôtel afin de créer des stationnements souterrains pour le marché! Pourquoi ne pas conserver la vocation espace vert (en surface) et y faire quand même des stationnements sous-terrains? La réponse est que le maire Lebeaume choisi avant tout ce qui plait aux promoteurs avant de penser aux bien-être des citoyens.
Le DVQ se réjouit que le Marché du Vieux-Port se refasse une beauté et demeure sur le site actuel mais considère que, tant qu'à investir dans un projet, la Ville aurait tout intérêt à en profiter pour nettoyer le site dans l'optique d'un développement à long terme et trouver une solution permanente aux problèmes de stationnement sans pour autant sacrifier et dézoner un espace vert.
Le DVQ prône par ailleurs d'instaurer des marchés publics de proximité dans plusieurs quartiers de la Ville (comme ceux de Sainte-Foy et de Val Bélair) afin d'enlever de la pression à celui du Vieux-Port, d'augmenter l'offre de produits locaux sur tout le territoire de la Ville et permettre aux producteurs régionaux un meilleur accès aux consommateurs.
- A-t-on besoin d'acheter nos fruits et légumes sur un site contaminé dans un centre-ville congestionné et en pénurie de stationnement?
- A-t-on besoin d'un autre hôtel au Bassin Louise au détriment d'un espace zoné vert ?
Le retour des Nordiques
Le maire Labeaume, en utilisant les fonds publics pour faire une conférence de presse qui en fait n'était qu'un coup de marketing, a forcé le directeur général des élections à venir lui taper sur les doigts pour qu'il déclare cette action dans ses dépenses électorales.
Ce dossier a très mal débuté. Déjà, on remarque une mauvaise utilisation des fonds publics ce qui augure mal pour ce que veut en faire le maire Labeaume. Le maire compte pratiquement que sur des deniers publics pour financer la construction d'un nouvel amphithéâtre qui amènerait éventuellement une franchise de la Ligue nationale de hockey à Québec.
Le maire Labeaume a fait de l'élection municipale une élection référendaire sur le retour des Nordiques à Québec. Il a fait rêver les citoyens en faisant miroiter que la construction du futur amphithéâtre commencerait au début de 2010 pour se terminer à la fin de 2012. Finalement, un mois après son élection, il se doit d'avouer que l'horizon se projette plutôt vers 2016 --- si le projet se concrétise. Et on se demande pourquoi les électeurs deviennent cynique et boudent les élections!
Le DVQ considère que le Colisée actuel devra être remplacé à moyen terme. Mais s'il faut construire un nouvel amphithéâtre, l'improvisation et la pensée magique pour gagner l'électorat ne sont pas des options. Plusieurs questions sont à considérer et cela aura des impacts majeurs sur les citoyens qu'il faudra consulter et sur les finances et les infrastructures de la Ville (le financement privé et ou public, l'emplacement, le transport, le stationnement, la vocation de l'ancien Colisée et du site d'Expo Cité etc).
- A-t-on besoin d'un maire qui rêve tout haut? Ou a-t-on besoin plutôt d'un administrateur responsable avec un vrai plan de match?
- A-t-on besoin de faire rire de nous lorsqu'on parle de délais totalement irréalistes ?
- A-t-on besoin qu'encore une fois, un politicien nous fasse des promesses qu'il sait qu'il ne pourra pas tenir ?
Le compte de taxes municipales et le budget
Encore une fois, des promesses non tenues. Le maire Labeaume a promis de maintenir l'augmentation des taxes au niveau du taux d'inflation. Cela est loin d'être le cas pour quantité de contribuables qui ont vu leur compte de taxes augmenter de manière drastique voire catastrophique dans certains cas.
En pleine campagne électorale, le maire Labeaume avait promis que le réajustement des taux d'imposition compenserait pour la hausse du rôle d'évaluation. Pour plusieurs contribuables et notamment pour des personnes retraitées vulnérables, car elles ont un revenu fixe, cela n'a pas été le cas. Certains résidents devront assumer des hausses de l'ordre de 100% et même 155% alors qu'une multinationale propriétaire du Château Frontenac verra son compte de taxes baisser de 1 million de dollars. Grâce à de fins calculs, le Château Frontenac peut en effet évaluer la valeur foncière de l'immeuble en fonction de ses revenus. Malheureusement, le maire ne semble pas avoir d'empathie pour les citoyens qui n'ont pas ce luxe.
Connaissant le respect qu'a le maire pour les personnes âgées, celui-ci leur suggère soit de s'endetter ou de vendre leur résidence s'ils ne sont pas content de leur augmentation de taxes! Mais pour le Château Frontenac, le maire Labeaume trouve normal une baisse importante de taxes. C'est un peu comme si le maire endossait d'un côté que les services de la Ville pour les hôtels et les touristes diminuent alors qu'en réalité c'est justement l'inverse avec l'offre accentuée d'événements culturels payés à grands frais par les contribuables de la Ville. Une aberration ! À quoi ça sert d'investir dans les événements culturels si les premiers à en tirer profits ne contribuent pas à la dépense?
Le budget de la Ville continue d'augmenter dans des proportions alarmantes alors qu'un nombre grandissante de contribuables souhaitent un contrôle plus serré des dépenses. Le maire qualifie souvent ses projets d'envergure "d'investissements". Mais force est d'admettre qu'un investissement devrait s'amortir sur plusieurs années alors que le maire a engagé des fonds importants sur des comptes à très court terme tel que les événements spéciaux.
Le maire se dit économe ou "cheap'', pour ne pas le citer, alors qu'il est le maire le plus dépensier que la Ville ait connu! Les dépenses de la ville connaîtront une augmentation de 6,8% soit 3 fois plus que le taux d'inflation. En comparaison, c'est comme si les dépenses de la Ville avait augmenté de 16,8% en 1991 alors que l'inflation était de 5,6%! Un peu de retenue serait de mise.
Selon Richard Domm, Chef du DVQ : On a donné la carte de crédit de la Ville à un maire qui ne sera pas là quand les factures pour ses bêtises commenceront à rentrer dans 10 ou 15 ans.
Malgré des dizaines de millions de dollars en coupures diverses en trois ans, le maire Labeaume a réussi à faire augmenter les dépenses avec ses goûts mégalomanes.
Comment expliquer qu'en ayant coupé des dépenses récurrentes de l'ordre de 50 millions, le maire Labeaume réussit quand même à nous faire avaler des dépenses à la hausse de l'ordre de 6,8% pour atteindre 1,128 milliards $.
Dans les faits, le maire Labeaume a profité de sa majorité au Conseil de Ville pour remplir son budget de projets politiques qui non seulement sont venus compenser les économies récurrentes mais ont augmenté drastiquement en une seule année. Si on tient compte des 20 millions d'économies prévues pour cette année, on peut considérer qu'on assiste dans les faits à une augmentation de 8,5 % des dépenses. Heureusement les économies prévues pour l'année 2010 ramène cette donnée à 6,8% ce qui est déjà considérable.
À la défense du maire Labeaume, plusieurs facteurs incontrôlables sont venus alourdir le budget (crash du fonds de pension, conventions collectives ...) Mais justement, voilà pourquoi il serait opportun de restreindre les projets mégalomanes pour se pencher plutôt sur des projets éco-économiques qui rapporteront sur le long terme.
Parlez-en aux milliers de contribuables qui vont payer plus que leur part pour les idées de grandeur du maire Labeaume.
Le DVQ souhaiterait se pencher plus en détail sur l'analyse du budget et considère l'embauche d'un expert pour revenir sur le sujet. Un survol rapide nous indique en effet que la promesse de maintenir la moyenne de la hausse de taxes au niveau du taux d'inflation peut être porté à interprétation. En effet qu'en est-il de la médiane et de l'écart type? Combien de contribuables de chaque côté de la moyenne et pour quelle proportion des hausses prévues?
- A-t-on voté pour des hausses de taxes de plus de 100% dans certains cas alors que les citoyens se posent des questions à savoir si les services de proximité ont été augmentés?
- Le maire Labeaume clame la saine gestion et dit avoir augmenté les services de proximité de 10%. Ressent-on cette hausse de services dans les quartiers ou est-ce simplement que la mauvaise gestion du maire fait en sorte que les coûts des services ont augmenté de 10% (près de 5 fois le taux d'inflation)?
- A-t-on besoin de quelqu'un qui gère la Ville avant tout comme une PME ou ne voudrions-nous pas plutôt un gestionnaire soucieux du long terme et du bien-être de ses citoyens autant sur le plan social qu'environnemental?
- A-t-on besoin d'un maire qui se pavane pour enregistrer une émission populaire à la télévision alors que son devoir lui dictait d'être présent au conseil municipal pour la révision du budget par les élus ?
Le dossier Clotaire Rapaille
L’erreur du maire dans ce dossier n’est pas autant de vouloir changer l’image de marque de la Vieille Capitale, ce qui n’est pas mauvais en soi, quoique discutable; ce n’est pas non plus le choix du consultant qui est sans contredit une éminence en la matière. L’erreur est d’avoir agit comme le maire Labeaume le fait souvent, c’est à dire, sans consultation et évaluation suffisante des options, sur un coup de tête. Le maire aurait eu intérêt d'abord à créer un consensus et à impliquer différents acteurs politiques (chambre de commerce, conseil municipal, conseil d’agglomération, conseils de quartier…). Pour changer un adage aussi fortement ancré dans la coutume qu'est celui de "La Vieille Capitale", il faut d’abord un consensus sur la nécessité de ce changement d’image et sur le processus pour y arriver.
Le maire Labeaume n’a pas réussi à créer ce consensus. En fait, son style autocrate n'a réussi surtout qu’à créer la controverse. Il ne semble pas réaliser que la Ville ne lui appartient pas. Ce n'est pas son entreprise. La Ville de Québec appartient aux citoyens de la Ville de Québec.
L’expression ou l'image qui sera proposée par le consultant aura beau être le meilleur slogan du monde, les citoyens et les leaders d'opinion ne retiendront possiblement que la controverse et risquent de bouder le slogan.
- A-t-on besoin d'un nouveau slogan ou d’une nouvelle image pour la Ville de Québec qui est malgré ses vieux murs un endroit dynamique qui n’a qu’à parler par ses actions ?
- A-t-on besoin de payer à grand frais ce qu’un concours populaire pourrait tout aussi bien nous donner et qui aurait l’avantage de faire participer les citoyens?
EN CONCLUSION
En bref, les premiers 100 jours de ce deuxième mandat du maire Labeaume augure mal pour les quatre années à venir. Un nombre grandissant d'électeurs disent qu'ils regrettent d'avoir voter pour lui et sont déçus des décisions unilatérales, ou prise à la hâte, par le maire Labeaume tel qu'en fait foi les quelques dossiers révisés par le DVQ.
Ajoutons à cela un maire qui a contredit par deux fois un jury dans le cadre d'un concours de sculpture organisé par la Ville. Dans sa malchance, l'artiste par deux fois primé, a eu le malheur de ne pas tomber dans les goûts du maire. On peut se demander à quoi sert d'organiser des concours et à quoi sert les jurys d'experts si le maire décide en comité exécutif d'annuler les résultats des concours?
De même, on dénote que la convention collective des policiers n'est toujours pas signée et continue à coûter cher à la Ville (coûts de négociation à la hausse, image ternie de la Ville, incertitude budgétaire...).
Dans le dossier des cols bleus responsables de la collecte des matières résiduelles, malgré le fait qu'il est important pour une ville comme Québec de maintenir un niveau d'expertise en ce domaine, ne serait-ce que pour maintenir une comparaison et une saine concurrence entre les services publics et les mêmes services accomplis par le privé, encore une fois le maire gère à la petite semaine sans penser aux avantages de maintenir les deux types de services en parallèle. Comme à son habitude, le maire Labeaume n'a pas pesé le pour et le contre et s'apprête encore une fois à prendre une décision intempestive qui aura potentiellement des répercussions à long terme sur l'état des finances de la Ville et la qualité des services.
AU CRÉDIT DU MAIRE LABEAUME
Au crédit du maire Labeaume, le DVQ appuie sa démarche de participer à des immersions auprès de différents corps de métiers d'employés de la Ville tel qu'il l'a fait en accompagnant une patrouille de police en pleine nuit. Nous espérons que ce type d'implication permettra au maire de développer plus d'empathie auprès de ses employés.
De même, le DVQ appuie la candidature de Québec au Forum universel des cultures de 2016. Le DVQ souligne cependant l'importance pour le maire Labeaume d'indiquer dès maintenant que cet événement culturel et en faveur du développement durable se ferait en suivant une politique stricte d'émission de carbone neutre.
Aussi, étant donné que le thème prôné pour cet événement par la Ville de Québec est l'eau, le DVQ demande que le maire Labeaume fasse preuve de cohérence en annulant le règlement R.A.V.Q 492 qui non seulement met en péril la principale prise d'eau potable de la Ville mais qui permettrait le déboisement de 200 hectares de forêts alors que 80% des milieux humides du territoire de la Ville se retrouvent dans nos forêts urbaines.
Le maire s'est peinturé en vert lors de sa dernière élection, mais si on gratte un peu, on se rend vite compte qu'il endosse de toute évidence un double discours remarquablement incohérent. Un discours vert pour les médias et le public mais des actions qui vont à l'encontre des grands principes du développement durable. On peut se poser la question à savoir si le maire a vraiment une vision cohérente des défis que devront relever la Ville de Québec pour le 21ième siècle.
- Est-ce acceptable que le maire semble voir nos taxes comme de l'argent de Monopoly et la Ville de Québec avant tout comme une business?
- Le maire manque-t-il de ressources pour bien faire les analyses qui s'imposent avant d'agir et de règlementer?
- Son équipe interne "d'opposition" possède-t-elle les connaissances, la vision et le courage nécessaire pour gérer une ville qu'on veut plus verte?
- Ne savent-t-ils pas qu'il y a des groupes sociaux et environnementaux prêts à les aider et à partager leurs expertises ?
- LA VILLE DE QUÉBEC N'EST PAS UN JEUX DE SOCIÉTÉ !
LA VILLE DE QUÉBEC EST UNE SOCIÉTÉ COMPOSÉE DE FAMILLES, D'INDIVIDUS ET D'IDÉES CRÉATIVES ET NON PAS SEULEMENT DES IDÉES D'UN MAIRE.
Le DVQ a laissé la chance au coureur Labeaume en se tenant à l'écart des enjeux politiques pendant les premiers 100 jours de ce nouveau mandat. En tant qu'observateur attentif, le Défi vert de Québec constate que le maire Labeaume fait trop souvent fausse route en demandant aux conseillers et conseillères de l'Équipe Labeaume de lui faire une véritable opposition. Il faudrait des élus qui ne sont pas qu'une courroie de transmission des règlements et décisions dont veut le maire.
C'est se moquer de la démocratie que de se voir avant tout comme ambassadeur ou ''ambassadrice de l'administration Labeaume" pour citer une de ses candidates devenu conseillère. Le rôle des conseillers est de représenter les intérêts de leurs commettants et de «conseiller» le maire, pas de devenir des experts de relations publiques pour faire passer des règlements impopulaires.
L'avenir risque de juger sévèrement le maire Labeaume mais il est encore temps de faire vraiment de ''Québec une ville verte'' (ses premières paroles lors de son discours du 1er novembre dernier).
Qu'on innove pour l'amour du ciel! Qu'on fasse de Québec un exemple de développement durable pour toutes les villes de l'Amérique du Nord. Vous-voulez attirer des jeunes à Québec M. Lebeaume? Alors innovez ! Ça attirerait des jeunes tout comme des nouvelles entreprises de l'avenir et des professionnels qui aiment bien vivre!
Vous voulez les jeux olympiques à Québec? Alors allez-y! Mais faites le avec un projet carbone neutre et mettons-en plein la vue aux centaines de milliers de visiteurs en présentant une Ville verte tournée vers l'avenir. Mais auparavant, il faudrait cesser d'improviser à gauche et à droite. Il faudrait vous asseoir et suivre, avec sérieux, "des cours d'écologie 101". Soyez à l'écoute des citoyens et des organismes qui ont plein de projets verts et rentables dans leurs cartons: Équiterre, La ville que nous voulons, le Comité des arbres, Vivre en ville, les Amie-E-s de la terre...
conseille Richard Domm, Chef du DVQ.
Pour plus d'information concernant les positions et les propositions constructives du Défi vert de Québec, nous référons le lecteur aux communiqués et au programme du DVQ à www.defivert.org